ISWHAT
Interview
Au square à Gambetta le 7 Juillet 2007
Interview avec Napoleon Madox
Venus de Cincinnati, les musiciens de ISWHAT ont chauffé le Café des sports à Ménilmontant le 1er Juillet. Cela fait déjà 10 ans que le
MC Napoleon Madox et le Jazzman Jack Walker ont décidé de réunir leurs talents dans un projet Hip Hop jazz. Après un premier album "You figure it out" , ils reviennent en force avec "The life we
chose" album plein d'énergie. Toujours entourés de musiciens très forts, Iswhat est un groupe engagé mené par le flow de Madox, MC human Beat Box que j'ai
rencontré...
Quelles sont tes premières influences, qu’est-ce qui t’a donné l’envie d’écrire des textes et de faire du
Rap ?
J’ai commencé à écrire de la poésie très tôt, j’avais 7 ans.
Je me rappelle du premier tube hip hop qui m’a marqué « Jam on it » des Newcleus, un groupe de New York. C’est le plus vieux tube dont je me
rappelle. Ensuite j’ai écouté Afrika Bambaataa, The Fat boys, Run DMC , Curtis Blow.
A ce moment là, j’allais à l’église et le prêtre faisait ses serments, c’était un peu du slam, de la poésie, du rap ça m’a beaucoup marqué tout comme
les chœurs gospel liés au jazz et au blues. Tous ces éléments font partie de mes influences. La musique que je fais maintenant c’est une connexion entre toutes les musiques
noires.
Comment as tu commencé à faire de la scène ?
J’ai commencé à faire des performances de poésie dans l’Ohio, le Kentucky tout seul ou avec des amis. IL n’y avait pas de club hip hop à proprement parlé à
l’époque, donc j’ai fait différentes sortes de concerts et représentations dans les festivals, dans la rue, dans les cafés. J’ai exploré différentes sortes de musique jazz, hip hop, funk. J’ai
appris qu’il a plusieurs jazz. Iswhat ne colle pas à une étiquette en particulier. C’est pourquoi nous jouons dans toutes sortes d’endroits.
Comment est la scène hip hop à Cincinnati ?
Avant il y avait un seul club de hip hop très connu où tout le monde se rencontraient le week end, DJ crew jouait souvent là bas, maintenant les clubs
changent et il y en a pour tous les goûts.
Il y a pas mal d’acteurs de la scène hip hop qui viennent de Cincinnati.
Je peux citer G fresh, il a aidé à développer Scribble Jam à Cincinnati. Scribble Jam est un festival de hip hop très célèbre aux Etats unis et qui réunit
des artistes du monde entier. Des compétions de B-Boy, graffitis, MC’s, DJ’s y sont organisées ainsi que des concerts. C’est assez énorme, l’an dernier on avait Big Daddy Kane, Brand
Nubians, Brother Ali et bien d’autres.
D’autre part à l’époque, il y avait Butch Gibson qui était une personnalité dans le monde de la radio, il passait une sélection de hip hop indépendant
(Boggie down production, Black Sheep…) Et surtout il diffusait des artistes locaux. Il a été mon mentor pour la radio. Sinon on peut citer DJ Hi-Tek qui a travaillé avec Talib Kweli, Mos
Def, The Game, Dr Dre, G Unit.
Dimanche dernier je vous ai vu en concert au café des sport à Ménilmontant, vous avez l’air très à l’aise dans les petits endroits comme celui-ci, vous
préférez jouer dans les petites salles ou sur les scènes plus importantes ?
Nous préférons jouer là où sont les gens tout simplement. Ce qui était bien lorsqu’on a joué avec The Roots ou Saul williams c’est que les gens qui ne nous
attendaient pas étaient enthousiastes et c’est flatteur lorsqu’on plait au public des artistes qu’on admire. Je me rappelle d’un concert fabuleux avec KRS One dans le Kansas.
KRS one est engagé, votre groupe est engagé, les groupes engagés deviennent de plus en plus rares, est-ce que vous vous considérez underground ou sur une
scène parallèle ?
Tout ce qui est underground peut devenir mainstream
Il y a beaucoup de groupes underground sans labels et sans managers, maintenant avec Myspace, les réseaux internet, le monde de la musique a changé. Je
connais Brouther Ali, Soul scientific, Saul Williams qui sont engagés et connus. Nous (Iswhat) sommes underground parce qu’on ne passe pas sur les radios commerciales.
Ll cool J est toujours engagé même si on peut le considéré faisant partie du Mainstream. Nous sommes tout d’abord artistes, après si ça marche pour nous
tant mieux.
Peux-tu nous parler de votre album « The life we chose » ?
Cet album parle d’une histoire dans laquelle tu peux t’immerger et dont tu peux t’imaginer les images. Certains titres de l’album sont interprétés
uniquement par la voix, la basse et le sax alors que d’autres sont agrémentés de sonorités électro. Il y a beaucoup d’intervenants et qui apportent leur façon de faire de la musique. C’est une
histoire musicale mais aussi l’histoire des personnages qui animent cette musique, l’histoire de notre combat d’où le titre « The life we chose ».
Comment tu as rencontré Jack Walker (jazzman saxophoniste de Iswhat) ?
Nous avons joué ensemble à des festivals, des concerts, et dans les rues de Cincinnati et au bout d’un moment, nous est venue l’envie de faire un vrai
projet ensemble.
Vos projets ?
Nous travaillons sur un nouvel album, les tendances seront toujours free jazz et hip hop. . Nous travaillons avec d’autres producteurs qui sont très
enthousiastes. Nous espérons encore revenir en tournée en Europe.